17 Novembre 2025
Utagawa Hiroshige est l’un des derniers grands maîtres de l’ukiyo-e, célèbre pour ses paysages poétiques qui ont profondément influencé les artistes occidentaux du XIXᵉ siècle, notamment les impressionnistes.
Né à Edo (l’actuelle Tokyo) sous le nom d’Andō Tokutarō, il grandit dans une famille modeste appartenant à la brigade des pompiers du shogun. Orphelin très jeune, il hérite de la fonction de son père, ce qui lui donne un revenu stable et du temps pour se former.
Vers 14 ans, il rejoint l’atelier Utagawa, l’une des écoles les plus importantes de l’ukiyo-e. Il étudie auprès du maître Utagawa Toyohiro, qui l’initie à la technique de la gravure sur bois et à la représentation des scènes de la vie quotidienne. Il reçoit alors le nom d’artiste Hiroshige.
Au début de sa carrière, il se consacre aux portraits d’acteurs et aux scènes urbaines, mais c’est dans le paysage qu’il trouve sa voie. Ses œuvres se distinguent par une atmosphère poétique, des couleurs subtiles, un sens unique du cadrage et une grande attention aux variations météorologiques.
Son premier grand succès est la série Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō (années 1830), qui le rend célèbre dans tout le Japon. Suivent les Cent vues célèbres d’Edo, considérées comme son chef-d’œuvre, où il mêle précision topographique, sensibilité et innovation graphique.
Hiroshige mène une vie simple et discrète. Il se marie deux fois, adopte un fils, et reste toute sa vie très attaché à Edo, dont il observe les saisons, les ponts, les temples et les quartiers.
En 1856, il se retire brièvement dans un monastère pour se consacrer davantage à la religion bouddhique. Il meurt en 1858, probablement du choléra, laissant des milliers d’estampes et d’illustrations.
Son influence sera immense en Europe : Van Gogh, Monet ou Whistler s’inspireront directement de ses compositions, de ses couleurs transparentes et de sa manière de capter l’instant.