3 Avril 2026
Jean Fautrier est l’une des figures majeures de la peinture française du XXᵉ siècle, souvent associé à l’art informel. Né à Paris, il passe une partie de son enfance à Londres, où il étudie à la Royal Academy of Arts, avant de revenir en France pour se consacrer pleinement à la peinture.
Ses débuts sont marqués par une certaine proximité avec la figuration, mais il s’en éloigne progressivement pour explorer une voie très personnelle, centrée sur la matière et la texture. Sa carrière connaît un tournant pendant la Seconde Guerre mondiale : témoin des violences de l’Occupation, il réalise la série bouleversante des « Otages », qui traduit, par des formes presque informes et une matière épaisse, l’horreur et la souffrance humaine.
Fautrier développe alors un langage pictural inédit, fait d’empâtements, de surfaces rugueuses et de tons souvent sourds. La figure, à peine reconnaissable, semble surgir de la matière elle-même. Cette approche le place au cœur de l’art informel, dont il est l’un des représentants les plus puissants.
Dans sa vie privée, il reste un homme discret, marqué par les épreuves de son époque. Il entretient des relations avec plusieurs intellectuels et artistes, mais cultive une certaine distance vis-à-vis des cercles mondains.
Reconnu de son vivant, notamment par le Grand Prix de la Biennale de Venise en 1960, Jean Fautrier laisse une œuvre profondément marquée par l’histoire et par une recherche intense sur les possibilités expressives de la matière picturale.