26 Novembre 2025
Le mouvement nabi est fondé à Paris par un groupe de jeunes artistes désireux de renouveler la peinture après l’impressionnisme. Le mot nabi signifie « prophète » en hébreu : les membres du groupe se voient comme des annonciateurs d’un art nouveau, libéré de la pure imitation du réel. Leur inspiration première vient de Gauguin, dont les couleurs audacieuses et les formes simplifiées montrent une voie plus spirituelle et décorative.
Les Nabis s’éloignent de la perspective traditionnelle et privilégient des aplats de couleur, des contours marqués, des compositions inspirées des estampes japonaises et de l’art médiéval. Leur peinture ne cherche pas à reproduire ce qu’on voit, mais à exprimer un sentiment, une ambiance, une harmonie de lignes et de teintes. Le décoratif devient central : une œuvre doit être aussi équilibrée qu’un tapis ou un vitrail.
Le groupe réunit des personnalités diverses : Édouard Vuillard, maître des intérieurs feutrés ; Pierre Bonnard, sensible aux couleurs vibrantes et à la vie quotidienne ; Paul Sérusier, auteur du Talisman, tableau-manifeste du mouvement ; Maurice Denis, théoricien affirmant que “un tableau, avant d’être un cheval de bataille ou une femme nue, est une surface plane couverte de couleurs en un certain ordre assemblées”.
Les Nabis travaillent aussi bien la peinture que l’illustration, les affiches, les panneaux décoratifs, les vitraux ou les paravents. Leur vision annonce l’Art nouveau et prépare les recherches modernes sur la couleur et la composition.
Vers 1900, le groupe se dissout, chacun suivant sa propre voie. Mais leur idée essentielle — que la peinture est d’abord un langage de formes et de couleurs — restera l’un des fondements de l’art du XXᵉ siècle.