1 Décembre 2025
Le Suprématisme est né en Russie vers 1915. Fondé par Kasimir Malevitch, il marque l’une des étapes les plus radicales de l’abstraction. Son objectif : atteindre la « suprématie » de la pure sensibilité, débarrassée de toute représentation du monde réel.
La Russie est alors en pleine effervescence politique et culturelle, à la veille de la Révolution de 1917. Malevitch, influencé par le cubisme et le futurisme, cherche un langage pictural totalement neuf. En 1915, il expose à Petrograd le fameux Carré noir sur fond blanc, manifeste visuel du suprématisme. Le mouvement se développe dans le cadre des avant-gardes russes, encouragées un temps par le climat révolutionnaire, avant d’être entravé par le retour au réalisme imposé dans les années 1930.
Le suprématisme repose sur des formes géométriques élémentaires : carrés, cercles, croix, rectangles flottant dans un espace blanc. Les couleurs sont franches : noir, blanc, rouge, parfois bleu ou jaune. Les compositions donnent l’impression de figures en suspension, libérées de toute pesanteur, comme dans un espace cosmique.
Le suprématisme se veut une rupture totale avec l’art ancien : un geste révolutionnaire autant esthétique que philosophique.
Le mouvement influencera profondément l’abstraction géométrique, l’art concret, le Bauhaus et le design moderniste. Le suprématisme reste l’un des sommets de la pensée abstraite du XXᵉ siècle.