2 Janvier 2026
Robert Campin est l’une des grandes figures fondatrices de la peinture flamande du XVe siècle. Longtemps resté dans l’ombre, il est aujourd’hui reconnu comme le peintre que l’on appelait autrefois le « Maître de Flémalle ».
Né probablement à Valenciennes, alors ville du comté de Hainaut, Campin s’installe vers 1406 à Tournai, où il ouvre un atelier prospère. Il y est reçu maître peintre et devient rapidement une personnalité influente de la vie artistique et civique de la ville.
On ne connaît presque rien de sa formation, mais son œuvre révèle une rupture décisive avec le style gothique international. Campin introduit un réalisme nouveau, fondé sur l’observation minutieuse du monde matériel : intérieurs domestiques, objets du quotidien, visages expressifs et corps solidement ancrés dans l’espace.
Son atelier joue un rôle majeur dans l’histoire de l’art : il y forme notamment Rogier van der Weyden, qui deviendra l’un des plus grands peintres de son temps. Campin est ainsi un maillon essentiel entre tradition médiévale et modernité picturale.
Sa carrière est cependant troublée par des affaires judiciaires : impliqué dans des conflits politiques et condamné pour adultère, il perd temporairement ses fonctions publiques, sans que son activité artistique ne cesse vraiment.
Sur le plan privé, les sources sont rares. On sait qu’il a vécu avec une femme nommée Lourence Polette, relation qui a contribué à sa disgrâce officielle.
Robert Campin meurt à Tournai en 1444, laissant une œuvre profondément novatrice. Par son sens du réel et son attention au monde visible, il pose les bases de la peinture flamande moderne et ouvre la voie aux grands maîtres du Nord.