12 Mars 2026
Etel Adnan naît le 24 février 1925 à Beyrouth et meurt le 14 novembre 2021 à Paris. Fille d’un père syrien officier de l’armée ottomane et d’une mère grecque originaire de Smyrne, elle grandit dans un environnement multiculturel qui marquera profondément son œuvre.
Après des études de philosophie à la Sorbonne, puis aux États-Unis à l’University of California, Berkeley et à Harvard, elle enseigne la philosophie en Californie pendant plusieurs années. Parallèlement, elle mène une importante activité littéraire, écrivant poèmes, essais et romans, tout en développant progressivement son travail de peintre.
À partir des années 1960, Etel Adnan se consacre davantage à la peinture abstraite. Ses œuvres, souvent de petit format, se caractérisent par des aplats de couleurs très vives et des formes simples et structurées. Par leur construction en champs colorés, ses tableaux évoquent parfois l’esprit du Color Field painting, tout en conservant une grande liberté poétique. Certains historiens de l’art la rapprochent de l’Abstraction lyrique.
Elle réalise également des leporellos — livres accordéon inspirés de la calligraphie et de la tradition asiatique — où se mêlent écriture et peinture. Son travail est profondément marqué par les paysages qu’elle aime, notamment le mont Mount Tamalpais en Californie, qu’elle peint à de nombreuses reprises.
Longtemps reconnue surtout comme écrivaine, Etel Adnan voit sa peinture connaître une reconnaissance internationale tardive, notamment après sa participation à Documenta 13 à Cassel en 2012. Son œuvre, à la croisée de la poésie, de la peinture et de la réflexion politique, fait aujourd’hui d’elle une figure majeure de l’art contemporain.