25 Novembre 2025
Le préromantisme apparaît dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle, bien avant que le romantisme ne s’impose pleinement. Il naît dans un climat intellectuel où les certitudes du classicisme commencent à se fissurer : la raison des Lumières domine encore, mais une nouvelle sensibilité surgit, plus intime, plus mélancolique, plus tournée vers la nature et l’émotion personnelle.
En peinture, ce mouvement préfigure déjà la rupture romantique. Les artistes se détachent peu à peu des sujets héroïques et des compositions strictement académiques. Ils s’intéressent davantage à l’individu, à son rapport au monde, à la fragilité de la condition humaine. On y voit naître un goût pour la solitude, la rêverie, la contemplation silencieuse des paysages.
Le préromantisme s’exprime surtout dans des atmosphères poétiques et sensibles : ciels changeants, jardins crépusculaires, ruines envahies par la végétation, scènes pastorales baignées d’une douce mélancolie. La nature n’est plus seulement un décor idéal : elle devient un espace vivant, parfois mystérieux, dans lequel l’homme cherche refuge ou résonance.
Parmi les figures marquantes, on peut citer Hubert Robert en France, avec ses paysages de ruines porteurs de nostalgie, ou encore Füssli dans le monde germanique, dont l’imaginaire dramatique et fantastique annonce le romantisme noir. Les premiers peintres de paysage anglais, comme Gainsborough, explorent déjà une sensibilité plus émotionnelle que réaliste.
Le préromantisme n’est pas encore un mouvement constitué, mais plutôt une transition : un frémissement artistique qui annonce l’irruption de la subjectivité, des passions et de la liberté créatrice. En ouvrant la voie au romantisme, il redonne à la peinture une dimension intérieure et poétique qui marquera profondément le début du XIXᵉ siècle.