5 Janvier 2026
Inji Efflatoun est née au Caire dans une famille aisée francophone. Très tôt, elle montre un intérêt pour le dessin et la peinture que ses parents encouragent.
Adolescente, Efflatoun prend des cours avec Kamel el-Telmissany, peintre, poète et figure majeure du surréalisme égyptien. Sous son influence, elle découvre les esthétiques surréalistes et cubistes et rejoint le mouvement Art et Liberté — un collectif d’artistes et d’intellectuels anti-fascistes et progressistes fondé en 1938 au Caire, qui prône une liberté totale de création en rupture avec l’académisme traditionnel. Elle est également parmi les premières femmes à étudier aux Beaux-Arts de l’Université du Caire.
Parallèlement à sa formation artistique, Inji Efflatoun s’investit très tôt dans la vie politique. Elle s’initie au marxisme et rejoint en 1942 l’organisation communiste Iskra. En 1945, avec la romancière Latifa al-Zayyat, elle cofonde la Ligue des jeunes femmes des universités et instituts, qui défend l’égalité entre les sexes, les droits des femmes et l’anti-colonialisme. Son engagement lui vaut d’être arrêtée en 1959, lors de la répression des communistes sous le régime de Gamal Abdel Nasser. Elle est emprisonnée pendant quatre ans et demi.
Sur le plan pictural, elle évolue considérablement au fil de sa vie : surréalisme et expressionnisme, symbolisme, puis un certain réalisme socialiste, avant d’aboutir à un style plus lumineux et joyeux
Efflatoun a été mariée brièvement avec un avocat de gauche, Mohammed Abdul Elija.