17 Septembre 2026
Eduardo Arroyo, né à Madrid en 1937 et mort dans la même ville en 2018, est l’un des principaux représentants de la Figuration narrative et l’un des peintres espagnols majeurs de sa génération. Après des études de journalisme à Madrid, il quitte l’Espagne franquiste en 1958 et s’installe à Paris, où il se consacre à la peinture et fréquente les milieux artistiques d’avant-garde. Il participe dès 1960 au Salon de la Jeune Peinture et se fait remarquer par une peinture figurative, satirique et volontiers provocatrice.
En 1964, il participe à l’exposition Mythologies quotidiennes, manifestation fondatrice de la Figuration narrative. Avec Gilles Aillaud et Antonio Recalcati, il réalise également des œuvres collectives qui contestent les conventions du monde de l’art. Son œuvre puise dans la photographie, la publicité, le cinéma et la culture populaire, mais aussi dans l’histoire politique et culturelle de l’Espagne.
Arroyo développe une peinture très construite, aux formes simplifiées et aux couleurs franches, dans laquelle l’ironie, la caricature et le détournement jouent un rôle essentiel. La corrida, le flamenco, les figures de l’Espagne franquiste ou les héros de la culture populaire deviennent ainsi des instruments de satire. Après Mai 1968, son travail se concentre particulièrement sur l’Espagne de Franco, l’exil et la répression politique.
Son œuvre ne se limite toutefois pas à la peinture politique : il s’intéresse également au théâtre, à la littérature, à la sculpture, à la céramique et à la mise en scène. À partir des années 1970, le thème de l’exil occupe une place importante dans sa peinture. Marié à la danseuse Sylvie Courvoisier, puis à l’écrivaine et journaliste Carmen Giménez, il partage sa vie entre la France et l’Espagne. Figure indépendante et volontiers irrévérencieuse, Arroyo restera fidèle jusqu’à la fin de sa vie à une peinture narrative, théâtrale et critique.