13 Février 2026
Georg Baselitz est connu pour ses toiles à l’envers. Mais peint-il à l’envers ou peint-il normalement et retourne-t-il ensuite son œuvre ? Et pourquoi ce choix ?
C’est à partir de 1969 que Baselitz adopte ce concept qui deviendra sa « marque de fabrique » : les motifs se présentent à l’envers, tête en bas, arbres retournés, figures inversées. Il travaille en fait de la façon suivante : il conçoit le sujet de façon classique (figure, paysage, corps), puis il inverse la toile, et ajoute sa signature. Il n’y a donc pas de gymnastique technique !
Mais pourquoi retourne-t-il ses tableaux ? Il l’a expliqué très clairement, à de nombreuses reprises. Son objectif est de séparer le motif de la signification : « Je voulais peindre sans raconter d’histoire. »
En regardant le tableau, le spectateur reconnaît le sujet, mais il ne peut pas le lire immédiatement, son œil est forcé de se concentrer sur la couleur, la matière, le geste, la structure picturale
Autrement dit, il ne supprime pas la figure, il empêche sa domination sur l’esprit. Il ne cherche pas la virtuosité acrobatique, il ne veut pas impressionner par une difficulté technique, il ne peint pas pour dire : « Regardez comme je suis habile ».
C’est une stratégie conceptuelle, pas une prouesse. Le cerveau du spectateur essaie d’abord de « remettre l’image à l’endroit », puis il échoue, et il finit alors par regarder la peinture pour elle-même. C’est exactement ce que Baselitz cherche.
Il s’inscrit ainsi contre l’illustration, contre la narration, contre la peinture « jolie » ou rassurante.