18 Juin 2026
Nicolas de Staël est l’un des peintres les plus marquants de l’après-guerre. Né à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique russe, il fuit la Révolution avec les siens et devient orphelin très jeune. Recueilli en Belgique, il étudie à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, où il reçoit une formation classique tout en développant très tôt une sensibilité personnelle.
Dans les années 1930, il voyage en Espagne, au Maroc, en Italie et en France, découvrant les grands maîtres de la peinture et les paysages méditerranéens qui influenceront durablement son œuvre. Installé en France à partir de la Seconde Guerre mondiale, il fréquente les milieux artistiques parisiens et se rapproche de l’abstraction. Il sera naturalisé français.
Son style se caractérise par de larges aplats de couleur appliqués au couteau, des compositions puissantes et une matière épaisse qui donnent à ses toiles une grande intensité. Bien qu’associé à l’abstraction lyrique, il refuse toute opposition stricte entre abstraction et figuration. À partir des années 1950, ses œuvres réintroduisent progressivement des paysages, marines, natures mortes et scènes de sport, notamment sa célèbre série inspirée d’un match de football au Parc des Princes.
Sa vie privée est marquée par de nombreuses épreuves, une grande exigence artistique et une profonde mélancolie. Malgré un succès croissant en Europe et aux États-Unis, il souffre d’un sentiment d’insatisfaction permanent. En 1955, alors qu’il vit à Antibes, il met fin à ses jours à l’âge de quarante et un ans.
Aujourd’hui, Nicolas de Staël est considéré comme l’un des grands rénovateurs de la peinture moderne, admiré pour sa capacité unique à unir la force de la couleur, la richesse de la matière et l’émotion du paysage.